Hervé Obed, président  de l’Institut lorrain  de participation,  lancera  en juin un Fonds régional  de consolidation.  Photo RL

zoom

Hervé Obed, président de l’Institut lorrain de participation, lancera en juin un Fonds régional de consolidation. Photo RL

Comment, quand on est chef d’entreprise, ne pas rater la sortie de crise et relancer son activité ? Des outils existent. Ils sont nombreux.
OAS_AD(’Position1′);

La Lorraine a besoin de vos entreprises et de vos initiatives ! » Le mot de la fin du préfet Bernard Niquet, lors des rencontres du Medef, consacrées à la sortie de crise et au soutien apporté aux entreprises, pourrait être retourné au représentant de l’Etat par les entrepreneurs. «  Je sors de la crise, je suis exsangue. Qu’est-ce que je fais ? », comme l’a résumé Paul Arker, président du Medef Moselle, animateur de ce débat.

A l’unisson, les chefs d’entreprise sont en attente… de fonds propres pour renforcer leur capital. Ils rencontrent des problèmes de trésorerie alors que dans leur tiroir sommeillent des projets d’investissements, structurants et innovants pour la plupart, qu’ils sont bien en peine de réaliser faute de financement. En Moselle, c’est le préfet qui le dit, existent pas moins de 664 aides distinctes. Le problème est peut-être là. L’entrepreneur, qui a le nez dans le guidon, parvient difficilement à se sortir de ce foisonnement de dispositifs. Le préfet promet déjà le guichet unique que veut créer le président de la République «  pour accueillir et accompagner au mieux les chefs d’entreprise. » Il s’agit de la DIRECCTE, une des nouvelles directions territoriales créées par la réforme de l’Etat. Elle est censée simplifier les procédures. En attendant, les patrons de PME présents à la soirée du Medef ont eu droit à toute la panoplie des intervenants, prêts à les soutenir pour financer leurs projets.

Avec le grand empruntLes chefs d’entreprises oublient trop souvent le très large éventail des financeurs de l’économie que sont ces fonds d’investissements régionaux, «  pas assez utili sés » selon Bernard Moreau, vice-président de l’un d’entre eux, le fonds transfrontalier Eurefi. Il y a aussi l’ILP (Institut lorrain de participation) ou Eurocapital, filiale de la BPLC, «  qui restent avant tout des investisseurs de proximité » comme l’a répété Hervé Obed, président de l’ILP. Ces fonds visent à rester des actionnaires minoritaires, mais pas pour autant inactifs dans le développement de l’entreprise dans laquelle ils s’engagent. L’ILP, où existe aussi Sadepar, spécialisé dans le capital-risque, devrait initier en juin la création d’un nouvel outil, le Fonds régional de consolidation destiné aux entreprises ayant un savoir-faire pour mieux les relancer. Sans oublier le Fonds lorrain des matériaux, créé dans le cadre du plan de revitalisation de Gandrange, présidé par Henri Blaffart, l’ancien patron d’ArcelorMittal Florange.

En attendant, les PME seraient bien inspirées de ne pas oublier leur banquier. «  Les banques ont de l’argent, l’argent n’est pas cher », a rappelé Karel Vasak, de la fédération bancaire de Lorraine. Ni Oseo, ce financeur de l’innovation prêt à aider l’entreprise sous forme d’avances remboursables ou de garantie de crédits bancaires. Mais Eric Pierrat, commissaire à la réindustrialisation, et le préfet Niquet ne pouvaient laisser passer l’occasion de vanter les 35 milliards d’euros du grand emprunt «  consacré aux priorités d’avenir. » Voilà pourquoi le préfet a invité les chefs d’entreprises lorrains à participer aux projets collectifs que le grand emprunt pourrait soutenir dans la région.

Bernard KRATZ.

Publié le 15/05/2010